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Publivigilance - PETIT GUIDE DU PUBLIVIGILISTE

mardi 15 novembre 2011, par Francesco

LA VISITE DU DELEGUE MEDICAL : TOUT CE QUI BRILLE N’EST PAS OR ! (Lettre 14 - juin 1997)

La beauté est superficielle
Méfiez vous des belles images destinées à capter l’attention aux dépens de l’information véritable. Oubliez tout ce qui brille et demandez-vous ce que dit réellement l’annonce ; en fait, a-t-elle vraiment quelque chose à dire ou s’agit-il d’une simple astuce pour mieux faire connaître une marque ? Certaines publicités présenteront une jolie fille un brin dévêtue pour vanter les mérites d’un antidépresseur ou d’un phlébotonique. D’autres recourront à des techniques de perception subliminales.

Le grand jeu des graphiques
C’est l’outil favori des annonceurs qui peut prendre différentes formes. Assurez-vous que les deux axes partent de zéro : une distorsion axiale peut faire paraître significative une différence qui ne l’est pas. Les courbes ne doivent pas se prolonger au-delà des points par lesquels elles passent et la variance doit être indiquée ( p.ex. par des barres d’intervalle d’erreur). Attention aux graphiques à barres "amputées ".

Contrôler les affirmations
Vérifiez les preuves originales sur lesquelles sont fondées les affirmations. Si possible, comparez les citations avec l’article original. Les citations erronées ou hors contexte ne sont pas rares. Méfiez-vous des déclarations précédées ou suivies de points de suspension. Les essais mentionnés peuvent être d’une conception incroyablement sommaire, parfois effectués parle laboratoire lui-même ou financés par lui.

Rapprochements abusifs
La technique consiste à rapprocher deux affirmations n’ayant aucun rapport l’une avec l’autre. Par exemple, des données pharmacocinétiques avec une dose unique chez de jeunes volontaires en bonne santé peuvent être utilisées pour justifier un traitement chronique chez des patients âgés présentant une pathologie multiple.

Statistiques trompeuses
La plupart des lecteurs n’ont que des connaissances très sommaires dans ce domaine. Méfiez-vous de pourcentages mirobolants obtenus à partir de petits échantillons. Les valeurs de "p " n’ont d’intérêt que si les données ont été correctement recueillies dans le cadre d’un essai bien conçu et si elles ont été analysées à l’aide d’un test statistique approprié. Les intervalles de confiance doivent être indiqués.

Références
Méfiez-vous des références tirées de revues obscures : certaines revues n’ont été créées que pour publier les résultats d’études parrainées par les laboratoires. Certaines firmes achètent le supplément d’une revue connue, mais ce supplément n’est pas couvert par le comité de lecture qui fait justement le sérieux de cette revue. Les mentions "données disponibles ", "conclusions d’un symposium ", "publication prévue", " communication personnelle " doivent mettre votre attention en éveil. Souvenez-vous que le sens réel d’une citation peut être trahi par une citation hors contexte.

Respect des obligations légales
Le délégué doit tenir à votre disposition la notice scientifique du produit présenté. La promotion vise-t-elle des indications thérapeutiques ne figurant pas dans la notice enregistrée ? Méfiance, vous ne pouvez pas compter sur la garantie de la commission d’enregistrement ! Les contre-indications et effets secondaires sont-ils conformes à ceux que l’on trouve dans les ouvrages de référence récents ? " La publicité doit être contrôlable, favoriser l’usage rationnel du médicament, en le présentant de façon objective et sans en exagérer les propriétés ; elle ne peut être trompeuse. Une commission de contrôle est instituée et des sanctions sont prévues en cas d’infractions. " (Moniteur Belge du 12.05.95). N’hésitez pas à demander une copie écrite des affirmations choquantes du délégué et si vous avez une photocopieuse à portée de main, faites un double des graphiques de la farde de présentation ; si le délégué refuse, méfiez-vous... Vous pouvez aussi participer au Réseau de Surveillance de la Visite Médicale coordonné par le GRAS en nous communiquant ce qui vous a heurté dans les visites de certains délégués.

Divers
La promotion cherche-t-elle à médicaliser des plaintes banales (anxiété passagère, deuil, agitation d’un enfant,... ) ? N’existe-t-il pas un autre médicament moins coûteux, présentant les mêmes indications ?

D’après le West Lothian Drug and Therapeutics Committee, publié dans " Médicaments Essentiels : Le Point " OMS, N° 17, 1994.

PUBLIVIGILISTE (La Lettre du GRAS n°5 - mai 1994)

L’Arrêté Royal relatif à l’information et à la publicité concernant les médicaments (Moniteur du 29.8.84), modifié par un AR publié au moniteur le 29.12.92, vient peut-être à notre secours (et surtout au secours des patients). Bien qu’il vise essentiellement à réglementer la publicité en faveur des produits de comptoir, il comporte quand même quelques articles qui définissent sommairement des règles dans le jeu publicitaire. La plupart des médicaments dont le GRAS s’est occupé étaient en infraction avec ces règles très générales !

Nous vous en soumettons donc un petit échantillon, car nous pensons qu’il vaut vraiment la peine de les avoir en tête lorsque vous pratiquez la publivigilance !

  • Art. 2. L’information et la publicité relatives aux médicaments doivent être honnêtes, véridiques et contrôlables. Elles doivent être conformes aux éléments du dossier tels qu’ils ont été acceptés lors de l’enregistrement du médicament et être formulées en termes clairs et précis.
  • Art. 7. Dans toute information ou publicité relative aux médicaments, il est interdit :
  1. de garantir le succès ;
  2. de décrire l’effet du médicament par l’utilisation de superlatifs ou de termes exagérés ;
  3. d’utiliser des simplifications trompeuses ou de citer de manière incomplète un élément du texte de la notice ou de mettre en exergue l’absence d’effets indésirables ou de contre-indications ;
  4. de publier des extraits d’un texte scientifique sur les effets thérapeutiques du médicament, sans référence exacte et complète à la publication originale ;
  5. de reproduire des images, dessins ou photographies, dénués de relation directe avec le médicament ;
  6. de procéder à des comparaisons entre médicaments, sans indication des éléments précis de la comparaison.
  • Art. 10. L’information et la publicité orales doivent être conformes à la notice scientifique. Si elles sont basées sur d’autres données acceptées lors de l’enregistrement, celles-ci doivent être réunies dans un dossier technique signé et daté par le responsable de l’information. Le délégué médical doit remettre au praticien visité la notice scientifique du médicament présenté, ainsi que le dossier technique, si ce dernier est demandé.
  • Art. 22. S’il apparaît que les dispositions du présent arrêté ne sont pas respectées, l’Inspecteur général de la pharmacie en informe le responsable de l’information pharmaceutique et l’invite à fournir une justification dans un délai d’un mois. Si ce dernier ne répond pas dans ce délai ou si la justification est insuffisante, il transmet le dossier au Ministre qui a la Santé publique dans ses attributions, avec une proposition de suspension ou (le retrait de l’agrément du responsable de l’information pharmaceutique. L’intéressé ainsi que l’entreprise concernée en sont informés.

PARTICIPEZ AU RESEAU DE SURVEILLANCE … DE LA VISITE MEDICALE (La Lettre du GRAS n°8 - décembre 1995)

Vous recevez encore des délégués médicaux ?

Alors, aidez-nous à contrer les excès en nous rapportant leurs "perles". L’incitation à prescrire a-t-elle été accompagnée d’un cadeau ou d’une proposition de participation à une étude post commercialisation ?

Quel est l’argumentaire dominant ? Les indications et posologies avancées correspondent-elles à la notice scientifique enregistrée ? Vous a-t-on remis cette notice scientifique ?

La répétition des mêmes erreurs permet de détecter les politiques délibérées d’extension indue des indications ou de minimisation de certains effets secondaires.

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