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Action N°143 (7/2016) PRIX DES MEDICAMENTS : il faut enrayer la spirale des prix à la hausse.

samedi 1er avril 2017, par Rédaction GRAS

Plus de transparence dans la fixation du prix des médicaments et dans les budgets de recherche développement, vers un nouveau modèle de recherche orienté vers les besoins de la santé publique mondiale et favorisant des médicaments de qualité et accessibles à tous.

Signez la pétition du collège intermutuelliste, de Test-Achats et de la Ligue des usagers des services de santé (LUSS) —> www.medicamentstropchers.be.

Certains nouveaux médicaments sont mis sur le marché à des prix exorbitants, entre autres certains antiviraux dans le traitement de l’hépatite C et de l’infection par le HIV et des anticorps monoclonaux en cancérologie et dans le traitement de certaines maladies chroniques auto-immunes. Certaines de ces molécules se révèlent très prometteuses voir curatives dans certains cas. Grâce à leur association à des séries de marqueurs de haute spécificité, ils ouvrent la voie aux thérapeutiques personnalisées des cancers en définissant un sous-groupe de patients (niche) qui pourraient bénéficier de ce traitement. Pourtant actuellement (8/2016), en cancérologie par exemple, ils ne rallongent souvent l’espérance de vie du patient que de quelques semaines, au prix d’effets indésirables graves et au détriment d’une qualité de vie que des soins palliatifs bien conduits peuvent aider à maintenir.

D’après le KCE [1], « le prix élevé des nouveaux médicaments menace de plus en plus l’équilibre des budgets de santé de tous les pays. Il confronte les décideurs politiques à d’épineux dilemmes moraux : puiser dans les fonds réservés à d’autres besoins et fragiliser ainsi l’ensemble du système de santé, ou refuser aux patients le remboursement de médicaments susceptibles d’augmenter leurs chances de survie ou leur qualité de vie. Un nombre croissant d’observateurs – dont certains leaders du secteur pharmaceutique – reconnaissent que la tendance actuelle n’est pas tenable à long terme. » Plusieurs médecins spécialistes tirent aussi la sonnette d’alarme (cf. LLG 88 + pétitions). Sans réaction politique, les tendances actuelles du marché du médicament risquent de conduire à une logique de rationnement et de compromettre encore plus l’accès pour tous aux médicaments essentiels.

Développer et commercialiser de nouveaux médicaments nécessite des fonds énormes dont la majeure partie provient aujourd’hui de quelques multinationales du médicament dont les actionnaires privilégient un retour sur investissements. Ce ne sont pas toujours ces mastodontes issus de la fusion-rachat des entreprises du secteur pharmaceutique qui sont les plus efficients dans la découverte de nouveaux médicaments : ils rachètent souvent une « start up » innovante et ses brevets, elle-même issue ou associée au monde universitaire et à sa recherche fondamentale financée sur fonds publics. Le citoyen paie ainsi trois fois la recherche : d’abord en finançant par ses impôts et ses dons dans certains cas (Téléthon, recherche contre le cancer,...) la recherche publique dont profitent souvent les firmes innovantes, ensuite au travers des abattements fiscaux et autres incitants financiers dont profite l’industrie de recherche et enfin en payant bien cher le médicament issu de cette recherche, sans pouvoir en décider les priorités qui sont fixées par les firmes en fonction des marchés solvables. Parfois c’est en participant bénévolement à des essais cliniques qu’il finance cette recherche dont les résultats ne seront pas toujours disponibles !

Une série de besoins ne sont donc pas couverts par ce type de recherche : en pédiatrie, en prévention, en traitements non technologiques, en pathologie tropicale...

La fixation du prix des médicaments dépend en pratique d’un rapport de force entre les firmes pharmaceutiques et les pouvoirs publics. Rééquilibrer ce rapport de force entre intérêts particuliers et intérêt général nécessite de sortir d’une situation où les firmes ont le monopole sur la recherche, en développant la recherche indépendante, notamment financée sur des fonds publics.

Certains pays ont déjà développé une solide expérience en matière d’essais cliniques financés par des fonds publics. Et ils ont prouvé que de tels programmes de recherche représentent un investissement utile pour les deniers publics [2].

En mai 2016, l’ O.M.S. (Organisation mondiale de la Santé) s’est déclarée résolument en faveur de l’obligation de rendre publics tous les résultats d’études cliniques (Cf. l’initiative « All Trials »). Il s’agit là d’un important changement de paradigme, qui élève les résultats-mêmes des recherches au rang de biens publics. Après tout, des dizaines de milliers de patients y ont bénévolement participé, dans l’espoir de contribuer à des progrès pour ceux qui viendront après eux (KCE, intro rapport 246).

SUITES : LLG n°99, octobre 2017

Anticorps monoclonaux hors de prix

François PESTY est pharmacien de formation, issu de l’industrie pharmaceutique…il a fondé l’institut PUPPEM « Pour Une Prescription Plus Efficiente du Médicament  »

Il conteste les indications de remboursement de beaucoup de nouveaux médicaments onéreux par la Sécu. Française. A partir de nombreux exemples chiffrés tirés de la cancérologie et de de la rhumatologie (PCE), il conteste le prix excessif de ces biosimilaires et dénonce le manque de transparence et les conflits d’intérêts qui prévalent dans ce domaine.

Voir aussi : Availability of evidence of benefits on overall survival and quality of life of cancer drugs approved by European Medicines Agency : retrospective cohort study of drug approvals 2009-13 in BMJ 2017 ;359:j4530

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