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Action n°144 (01/2017) : Il faut étudier le différentiel de prix des médicaments entre l’hôpital et le domicile

samedi 1er avril 2017, par Rédaction GRAS

En France, les prix des médicaments remboursables en ambulatoire sont souvent beaucoup plus élevés que les prix libres et “négociés” dans les établissements de santé. Autrement dit, le prix de médicaments très vendus en première ligne de soins est généralement bradé à l’hôpital. Les auteurs de l’étude présentée par la revue Prescrire [1] ont aussi montré qu’il existe une corrélation positive statistiquement significative entre les quantités d’un médicament consommées dans un CHU et les quantités de ce même médicament consommées en ambulatoire dans les départements de la zone d’influence du CHU. Les firmes bradent certains médicaments en milieu hospitalier afin d’induire une augmentation de leurs ventes en dehors de l’hôpital, notamment de spécialités pharmaceutiques sans copie générique. La recherche d’économies à l’hôpital, malgré son importance, peut contribuer ainsi à un surcoût en médecine générale...

En Belgique, le KCE a abordé ce problème dans son rapport 199B, publié le 28.03.2013, intitulé « Freins et leviers à l’adoption des médicaments biosimilaires en Belgique  » [2].

Il constate d’abord que lorsque l’on prend en compte les ristournes (jusqu’à 75% pour certaines spécialités) et les autres avantages offerts aux hôpitaux par les fabricants des produits originaux, les biosimilaires ne sont pas concurrentiels pour les hôpitaux d’autant que le montant que l’INAMI rembourse aux établissements de soins reste en effet toujours basé sur le prix officiel du produit original.

Le cas des biosimilaires est un bon exemple du manque global de transparence qui entoure le prix d’achat des médicaments en milieu hospitalier. Les accords passés au niveau des ristournes et des autres avantages sont pour la plupart légaux… mais dans le contexte réglementaire actuel, ils rendent extrêmement difficile la mise en place d’une stratégie de maîtrise des coûts.

À court terme, il faudrait donc idéalement que les accords entre l’industrie et les hôpitaux puissent être rendus publics. La situation pourrait du reste évoluer assez prochainement, car les établissements de soins seront bientôt obligés d’organiser des appels d’offres publics pour l’achat de produits pharmaceutiques ce qui risque d’abroger les contrats d’exclusivité conclus juste avant l’expiration du brevet du médicament biologique de référence. A plus long terme, il faudrait toutefois envisager des mécanismes de financement alternatifs ; le remboursement par l’INAMI pourrait par exemple être calculé en fonction du prix réellement payé. Une partie du budget ainsi économisé pourrait être réinvesti dans la recherche clinique et dans la formation continue des médecins et pharmaciens-cliniciens.

La faible percée des biosimilaires en Belgique illustre la problématique plus vaste de l’usage des médicaments dans l’environnement hospitalier, en particulier liée au manque de transparence manifeste dans les coûts et les ristournes et autres avantages . Bien que l’on parle ici de ressources additionnelles généralement parfaitement légales et qui peuvent fort bien être réaffectées de façon pertinente dans les établissements, elles n’en perturbent pas moins le jeu de la concurrence entre médicaments. Elles rendent quasi impossible aux autorités la tâche de définir des politiques adéquates, à long terme, pour maîtriser ses dépenses.

SUITES (LLG n°98, septembre 2017)

Lettre à Maggie De Block

Le GRAS propose à ses membres médecins généralistes d’envoyer une lettre à notre ministre fédérale de la Santé (voir modèle ci-contre) suite à sa lettre leur demandant d’atteindre l’objectif de prescrire 60% de médicaments bon marché à partir du 1er janvier 2017.

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Notes

[1Médicaments bradés à l’hôpital : induction de prescriptions coûteuses en ville , Rev Prescrire 2015 ; 35 (378) : 301.

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