ALERTE N° 124 – 10/2026: Dépistage du cancer du sein: des bénéfices…mais aussi (surtout ?) des risques. 

Dépistage du cancer du sein: des bénéfices…mais aussi (surtout ?) des risques. 

Octobre Rose est une initiative internationale visant à sensibiliser au dépistage du cancer du sein. Pourtant – et c’est contre-intuitif –  le dépistage du cancer du sein (comme la plupart des dépistages)  n’est pas sans risques, et les femmes concernées devraient être bien informées de ces risques avant de décider si elles souhaitent oui ou non participer à un programme de dépistage.

Le rapport du KCE (7/2026) sur le sujet propose aux femmes des outils d’aide à la décision  et se prononce contre l’élargissement du dépistage à d’autres tranches d’âge  que le programme actuel (dépistage par mammographie tous les 2 ans pour les 50-69 ans) – considérant que le rapport bénéfice-risque du programme actuel est déjà controversé… .

Quels sont les problèmes du dépistage systématique du cancer du sein?

Tout d’abord, les cancers les plus “méchants” se développent si vite que la plupart se développent dans l’intervalle de 2 ans (dits “cancers d’intervalles”) et seront “manqués” par le dépistage. Dans ce cas, fausse réassurance d’un résultat négatif ! On ne peut tout de même pas faire des mammographies à tout le monde tous les mois… Et d’autres cancers  se développent si lentement que le dépistage, en les trouvant un peu plus tôt, ne change rien à leur pronostic. Il y a aussi les fausses alertes (mammos inquiétantes, dont les résultats ne seront pas confirmés par des examens complémentaires) .

Mais le plus problématique, ce sont les sur-diagnostics: ces cancers qui sont dépistés, traités (lourdement) …mais qui auraient régressé tout seuls si ils n’avaient pas été dépistés. Environ 21 % (!!!) des cancers dépistés chez les 50-69 ans, selon le KCE…. Sans compter le stress que la découvertes de ces cancers qui n’évolueront pas péjorativement causera chez les filles, les nièces et les petites filles des patientes dès leurs jeunes années…

Ces problèmes sont  exacerbés par le dépistage opportuniste pratiqué par beaucoup de gynécologues en dehors de la tranche d’âge et de la fréquence  recommandées, avec échographie (qui augmente le risque de fausses alertes)  et qui coûte cher à la patiente et à la sécurité sociale. Pour le directeur médical de Bruprev (le dispositif bruxellois de prévention), le Dr Jean-Benoît Burrion, Il faut changer la nomenclature car le  numéro de nomenclature INAMI, en principe  réservé à l’investigation de symptômes mammaires, est souvent utilisé  de facto pour du dépistage (par définition, le dépistage s’effectue chez des personnes asymptomatiques) . « Il y a eu une tentative de clarification portée par l’ex-ministre de la Santé Maggie De Block, qui s’était heurtée à l’époque à une forte opposition d’une partie des praticiens. » Mais d’après le Dr Burrion, “un contexte plus favorable se dessine aujourd’hui.”

Rappelons à ce sujet, pour ceux qui l’auraient manquée, l’excellente conférence en ligne du Dr Cécile Bour, fondatrice de l’association Cancer Rose organisée par le GRAS le 8 octobre dernier, et qui est visible sur notre site..

Message clé pour les professionnels de la santé impliqués:  informer les femmes des risques encourus, afin qu’elles puissent décider, en connaissance de cause…  

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