Améliorer la recherche clinique sur le cancer grâce au partage de données:
Le partage de données et de biospécimens recueillis lors d’essais cliniques permet
une utilisation personnalisée et centrée sur le patient des thérapies contre le cancer
et permet d’adapter les traitements à des sous-ensembles spécifiques de patients qui
sont les plus susceptibles d’en bénéficier tout en limitant le coût et les effets secondaires des traitements inefficaces.
53 chercheurs universitaires et représentants de patients de la communauté du
cancer du sein, ont publié dans le JAMA Oncology 2026 Feb 1 un appel à plus de
partage des données entre les firmes pharmaceutiques et le monde de la recherche.
Cet article évalue également l’impact de la recherche sur les biomarqueurs sur la
spécification des sous-populations réactives dans les 29 essais cliniques d’enregistrement qui ont conduit à l’approbation d’un nouveau médicament pour le
traitement du cancer du sein entre 2017 et 2024. Parmi ces 29 études, aucune n’a
abouti à une recherche sur les biomarqueurs ayant permis de restreindre l’indication
approuvée d’un médicament, en raison d’un partage sous-optimal des données de la
part des firmes finançant ces études. Pour améliorer les soins aux patients, les
auteurs proposent entre autres que les formulaires de consentement éclairé signés
par les patients stipulent que les données et les biospécimens seront partagés avec
le milieu universitaire pour la recherche future et d’exiger le partage des données
cliniques comme condition pour l’approbation réglementaire.
Interrogée par le journal le Soir, la sénologue Martine Piccart (Bordet), co-autrice de
cet appel, prenant l’exemple de la grande étude Keynote-522, déplore que Merck /
MSD refuse de communiquer ces précieuses données qui permettraient d’affiner les
décisions cliniques et une désescalade thérapeutique en oncologie. Attitude
scandaleuse déplorée également par François Duhoux, chef du service d’oncologie
médicale des Cliniques universitaires Saint-Luc. Hans Wildiers, oncologue et chef du
Centre du sein de l’UZ Leuven souligne aussi l’intérêt de cette approche sélective.
Roberto Salgado, anatomopathologiste au ZAS d’Anvers déplore que le monde
académique « perde du temps, de l’énergie et de l’argent » pour redécouvrir des
biomarqueurs que l’industrie a déjà identifiés, mais a mis « sous clé ».(1)
Cfr. les actions / alertes du GRAS sur ce thème : www.gras-asbl.be
– ACTION N°209 (1/2025): A qui profite la recherche médicale ?
– ALERTE N° 183: POUR LA PUBLICATION DES RESULTATS DES ESSAIS CLINIQUES EN BELGIQUE ET EN EUROPE (5/2021) :
– ACTION N° 166 : CAP 48, TELEVIE, TELETHON, OEUVRE CONTRE LE CANCER… Soutenir la recherche OUI MAIS…(5/2018) : Osons poser les bonnes questions : A qui appartiennent les résultats de la recherche ? Pourquoi le prix de ces nouveaux traitements sont-ils démesurés ?
– ACTION N°136 : POUR UNE PUBLICATION DES RESULTATS DE TOUS LES ESSAIS CLINIQUES, SIGNEZ LA PETITION DE WWW.ALLTRIALS.NET (07/2013)