ACTION N°204: Que se cache-t-il derrière la « campagne de sensibilisation au zona » ?

Plusieurs quotidiens, dont  Le Soir , La Libre Belgique  ainsi que la  –   – la presse spécialisée Le specialiste.be…   se font le 27 février 2024  l’écho d’une « semaine de sensibilisation au zona ». Témoignages de patients,  interviews de cliniciens qui estiment que « les formes graves sont plus fréquentes qu’on ne pense »  et qui plaident pour « promouvoir des méthodes de prévention efficace »  ou appellent « à un remboursement généralisé du vaccin…. pour  toutes les personnes à risque, y compris les plus de 60 ans, ce qui n’est pas le cas maintenant »…

L’origine de cette « campagne de sensibilisation » ?    Une opération conjointe de la Société Belge de Gériatrie et de Gérontologie (BVGG-SBGG), la Société belge de la douleur (BPS), et Pijnpunt vzw avec conférence de presse et communiqué de presse indiquant un sponsoring de GSK. (Voir le communiqué de presse en néerlandais sur le site de la BPS – nous n’avons pas trouvé la version française). 

Les « campagnes de sensibilisation à des « maladies sous diagnostiquées » , orchestrées par une industrie peu reconnue pour son souci de santé publique,  sont identifiées de longue date dans la littérature médicale scientifique de qualité   (British Medical Journal, 2006) comme une stratégie de marketing   d’une firme à la recherche de nouveaux clients .  Un exemple récent en est  la « campagne de sensibilisation au cholestérol ».

GSK est le fabricant du Shingrix®, un vaccin contre le zona, lequel n’est pas remboursé par l’INAMI.  .  Qu’en dit le KCE, dans son rapport sur le sujet en 2022 ? Le prix de ce vaccin (2 doses, 170€ chacune)  est trop élevé par rapport au bénéfice que l’on peut en attendre. Si elle était remboursée, cette vaccination coûterait environ 602 millions d’euros la première année, suivis de 23 millions d’euros par an par la suite. Des dépenses aussi lourdes peuvent-elles  être justifiées pour une maladie qui reste relativement bénigne pour la plupart des gens ? Si 10 000 personnes âgées de 60 ans ou plus étaient vaccinées aujourd’hui, 77 cas de zona par an pourraient être évités dans les années à venir, ainsi que 10 à 12 cas de névralgie post-herpétique (la forme grave).  

D’où l’intérêt d’une « semaine de sensibilisation »…   Nous déplorons ici le sponsoring de sociétés scientifiques respectables qui avalisent ainsi l’agenda (à peine) caché d’une firme pharmaceutique,  et plaidons pour une presse grand public de qualité, plus critique, qui aurait pu par exemple, citer en parallèle de ses articles sur « la semaine de sensibilisation au zona »  les conclusions du rapport KCE,

COMMUNIQUE DE PRESSE Du GRAS ASBL: